Culture(s)

Des indépendantistes bretons furieux veulent boycotter le film « Bécassine »


Clarisse Rosius
Mardi 29 Mai 2018




Bruno Podalydès ne s’attendait pas à ce genre de réaction avant la sortie de son film « Bécassine ! » prévu fin juin. Le groupe indépendantiste breton Dispac’h a en effet appelé au boycott, estimant que le film est dégradant et insultant pour les femmes de Bretagne.


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La critique n’arrive jamais là où on l’attend. Alors que Bruno Podalydès prend un risque certain en s’attaquant au personnage mythique de Bécassine dans un film éponyme, ce ne sont pas les puristes qui l’attaquent. Rien ne dit qu’ils ne le feront pas d’ailleurs puisque le film n’est pas encore sorti. Ils auraient du mal à trouver des arguments précis pour l’attaquer. Non, ce sont les indépendantistes bretons du groupe Dispac’h (rébellion en breton) qui ont tiré les premiers. Selon eux, le film reprend des clichés insultants, dégradants pour les femmes de Bretagne. Selon les militants, il faut boycotter ce film qui s’appuie sur un personnage qui en lui-même est contestable : « ce personnage qui date de 1905 a été inventé dans les journaux de la bourgeoisie parisienne qui aime se moquer des individus qu’elle exploite et opprime à longueur de journée", estime qu'il entache la mémoire de l'immigration bretonne qui"n’avait rien de la naïveté joyeuse qu’expose le film" et "qu'en plus du mensonge historique, [il] est une insulte à la mémoire de notre peuple, une insulte à toutes les femmes de Bretagne et à toutes les femmes qui connaissent ou ont connu l'immigration » rapporte Allo Ciné.

Une approche très premier degré d’un personnage de fiction dont la logique est assez difficile à valider. Dans ce cas-là, il faudrait aussi interdire toutes les œuvres de fictions qui mettent en avant des personnages dont l’origine régional ou géographique est identifiable et qui ne sont pas particulièrement mis en valeur. A ce titre, nombre d’aventures d’Astérix devraient également être boycottée…

Susceptibilité bretonne qui, comme le montre Allo Ciné, ne date pas d’hier. « Déjà, en 1939, le tournage du film  avec Paulette Dubost  avait scandalisé les Bretons et avait dû être rapatrié sur Paris ». Quant au réalisateur Bruno Podalydès, il s’est étonné de cette réaction alors qu’il rappelle qu’avant 1913 le lieu des aventures de l’héroïne n’était pas identifié en Bretagne et qu’elle porte une tenue Picarde. Il a aussi invité les critiques à attendre d’avoir vu le film avant d’en parler. Attendons maintenant que certaines des féministes les plus tatillonnent fassent remarquer que se moquer d’une femme qui fait mal le ménage, c’est du machisme…


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