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Interdiction des « violences éducatives ordinaires », peut-on toujours éduquer nos enfants ?


Clarisse Rosius
Vendredi 30 Novembre 2018




Une proposition de loi contre les « violences éducatives ordinaires » vient d’être votée à l’assemblée. Elle prévoit d’ajouter au code civil que les titulaires de l’autorité parentale « ne peuvent pas user de violences physiques ou psychologiques » contre leurs enfants. Un texte flou, sans enjeu pénal qui interroge sur la vision de l’éducation.


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Le code civil va être modifié. L’article 371.1 va désormais affirmer que les titulaires de de l’autorité parentale ne « peuvent pas user de violences physiques ou psychologiques » contre leurs enfants. Un texte flou qui a été débattu puis voté quasiment à l’unanimité à l’Assemblée. Une décision qui se discute d’autant plus qu’on ne sait pas si priver de dessert ou mettre au coin un enfant qui hurle peut être considéré comme une « violence psychologique ».

Qui a des enfants de plus de deux ans sait bien qu’il y a des âges où tous les repères doivent être pris. Et si naturellement un enfant exige ce dont il a envie, lui donner ne lui rend pas service. De la même façon exiger qu’un petit tienne la main dans la rue, ne traverse pas seul la route ou évite de jouer avec des allumettes ou du gaz apparait naturellement comme du bon sens. Et c’est justement parce que l’expérience nous montre qu’un enfant a besoin de signaux simples pour comprendre les principes de bases de hiérarchie des dangers ou normes de société, que l’amendement du texte civil interroge.
D’autant que cette évolution n’est que symbolique et ne change rien à la répression pénale des violences faites aux enfants. Heureusement d’ailleurs qu’il existe des services sociaux et des lois claires pour protéger les enfants battus et punir sévèrement les parents maltraitants.

Un deuxième article a d’ailleurs été ajouté qui appelle de ses vœux un rapport gouvernemental qui doit « évaluer les besoins et moyens nécessaires à la mise en œuvre d’une politique de sensibilisation, de soutien, d’accompagnement et de formation à la parentalité à destination des futurs parents ». Ce à quoi on répondrait volontiers que la majorité présidentielle devrait faire un stage de quelques heures chez les parents qui éduquent leurs enfants. Ils comprendraient qu’aime ses enfants c’est les éduquer et vouloir leur bien c’est souvent les contraindre.


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