Carrière

Le médicament se démocratise au travail


La Rédaction
Jeudi 2 Janvier 2014




La grippe arrive, et avec elle les doses de médicament pour anticiper une maladie. Les médicaments sont de plus en plus présent dans notre vie, jusqu’au travail. Est-ce bien raisonnable ?


Devenons-nous hypocondriaques ?

Il n’est plus rare d’apercevoir sur son bureau ou celui de collègues des boîtes plus ou moins médicinales, qu’elles soient issues de l’herboristerie jusqu’aux excitants ponctuels comme le Guronsan par exemple.
Il ne faut pas oublier que l’homéopathie ou les tisanes sont des produits actifs, et qu’ils sont loin d’être inoffensifs. Aussi, détenir une bouilloire avec plusieurs sachets ou boîtes de tisanes n’est pas anodin.

Il répond à un palliatif de manque, que ce soit le sommeil, l’insuffisance hépatique, ou les problèmes digestifs, et tant d’autres. L’histoire montre que le pharmacien il y a à peine un demi-siècle était diplômé d’herboristerie… Alors, même une simple tisane bienfaitrice pourrait devenir un médicament.
L’arrivée du marketing venu des pays anglo-saxons, dans les pharmacies est aussi devenue un accélérateur de prises de composés plus ou moins actifs. Ainsi, on peut recenser les produits à base de magnésium, de vitamine C, … Et le client n’hésite pas à en prendre aussi bien pour la maison que pour le travail. Et le phénomène se généralise.

Un phénomène social inquiétant

Les petites enquêtes vont bon train parmi les collègues. La vitamine C apparente indique que la vie privée est trop dense et qu’un coup de « peps » est nécessaire pour tenir la cadence au travail. Le magnésium pourrait également indiquer que l’intéressé se néglige physiquement et ne prend pas le temps de prendre l’air ou de faire du sport. Les produits à base de fer peuvent indiquer que le professionnel ne se nourrit pas convenablement ou qu’il ne s’aère pas assez, pire encore qu’il a peut-être une maladie infectieuse grave… Et quand il y a du Guronsan, c’est qu’il y a surmenage intellectuel tant à la maison qu’en entreprise… Tous ces diagnostics complètement subjectifs dignes d’une séance de voyance bien aveugle montrent à quel point les rumeurs à la vue de produits « non naturels » peuvent porter un jugement faux.

Ce qui est sûr vient du fait que le salarié a de plus en plus recours à des produits pharmaceutiques ou parapharmaceutiques pour répondre à un manque, souvent identifier à une préservation physique ou à un besoin de mieux être. Le besoin correspond par conséquent à un mal être ou à une gêne plus ou moins passagère au travail, puisque les produits sont observables facilement sur le lieu de travail.

Mieux vivre mais pas malade

Au niveau comportemental, si une personne est malade, elle aura tendance à ne pas montrer au travail les médicaments prescrits, et les ampoules et comprimés seront pris de manière extrêmement discrète.
Alors pour ce qui est du visible, cela témoigne d’un manque ou d’une gêne : c’est-à-dire d’une quête de bien-être. Alors, si vous observez un collègue avec de médicaments à son poste, il n’y a normalement pas lieu de s’inquiéter, si ce n’est pour la hiérarchie d’indiquer un manque de quelque-chose à la ville ou au travail, qui doit être surveillé.


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