Découverte

Pendant que Mbappé signe, des opposants qataris sont condamnés à de la prison à vie


Clarisse Rosius
Mardi 24 Mai 2022




Alors que le Qatar célèbre son coup politique et médiatique avec la signature d’un nouveau contrat avec Kylian Mbappé, des citoyens qataris ont été condamnés à de la prison à vie pour avoir contesté publiquement la loi d’interdiction de participer à des élections.


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Ils ont beau soigné leur image, la réalité du système politique du Qatar saute aux yeux. « Au Qatar, il est déconseillé de protester contre les lois discriminatoires. Trois citoyens du petit émirat du Golfe, qui doit accueillir la Coupe du monde de football dans six mois, ont été condamnés à la prison à vie, à la mi-mai, pour avoir bruyamment dénoncé un article de loi leur interdisant de participer à une élection. Un quatrième, qui avait lui aussi bataillé contre ce déni de droit, s’est vu infliger une peine d’incarcération de quinze ans. Tous les quatre ont fait appel de ce jugement, prononcé le 10 mai et rendu public quelques jours plus tard » explique Le Monde .

La décision de justice est loin d’être anecdotique car elle met à mal la communication très flatteuse que le pays s’achète avec le PSG et la Coupe du Monde. Et ce alors que la prolongation du contrat de Kylian Mbappé est un succès de taille pour le petit émirat/ « L’affaire a pour arrière-plan le scrutin de renouvellement du Majlis Al-Choura, qui s’est tenu au mois d’octobre 2021. Pour la première fois de l’histoire du Qatar, les membres de cette assemblée consultative, jusque-là désignés par le souverain, ont été élus au suffrage direct, pour deux tiers d’entre eux. Mais la loi électorale restreignant le droit de vote aux Qataris dont la famille était présente dans la presqu’île avant 1930, une partie importante de la population autochtone a été exclue de la consultation. Ce fut le cas notamment des membres d’une grande tribu semi-nomade, les Al-Murra » précise le quotidien français.

Si le pays a une culture moins répressive que l’Arabie Saoudite, il n’hésite pas à baffouer les règles élémentaires de l’Etat de droit lorsqu’il estime que sa sécurité est en péril : « Reconnus coupables d’inciter à la haine, de menacer l’émir sur les réseaux sociaux et de porter atteinte aux valeurs nationales, ils ont été condamnés à la perpétuité le 10 mai. Les deux autres condamnés – celui qui a écopé de la troisième peine de prison à vie et celui qui a pris quinze ans de prison – ont été jugés par contumace, ayant quitté le pays avant les rassemblements de protestation. »


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