Tendances

Tinder, « it’s a match ! »


Béatrix Foisil-Penther
Mercredi 20 Aout 2014




Tinder, l’application de rencontre géolocalisée est devenue un réseau social à part entière. Si beaucoup d'utilisateurs s'y font des amis, il reste un moyen de drague chez les trentenaires. Et plus si affinités.


It’s a match ! Mais qu’est-ce donc ? C’est le sésame de Tinder, l’appli de dating qui localise les célibataires dans un rayon de dix kilomètres maxi. Son fonctionnement est simplissime. Il suffit de télécharger l’application. Via le réseau social Facebook – obligatoire – on peut alors se créer un profil. On l'anime avec des photos, de une à six, parfois avec un texte court, moins fréquent, d’éventuelles connaissances ou activités communes. Et c’est parti. En plus, c’est gratuit ! 
 
Sur l’écran du mobile, défile alors toute une cohorte de personnes. Ce sont les inscrits sur Tinder, connectés et proches de l’endroit où se trouve l’utilisateur. Comme sur un catalogue, ou au  supermarché » diront d’autres, il est possible de classer les profils qui apparaissent : à droite on aime. Cependant, cette information échappe encore à la personne concernée. À gauche, on n'aime pas. Dans cette « sélection », si quelqu’un qu’on aime vous aime aussi, attention, tadam, le fameux It’s a match apparaît.
 
Et après ? Le premier moment de surprise passé, toutes les options sont envisageables. Mais si le principe de Tinder est simple, on matche, on like, la suite est parfois plus compliquée… Si on matche, on peut alors se parler. Certains utilisateurs sont simplement là pour ça, pour matcher. La dimension est ludique, comme un jeu, disent certains, qui s’adonnent à des concours de matches et limitent l’usage de Tinder, à un usage collectif. Oui, oui.

Pour beaucoup, le grand truc de Tinder reste le sexe. Le réseau de dating s'impose comme un nouveau mode de rencontre. Beaucoup s’abritent derrière l’application pour draguer. La chose serait plus facile qu’en face à face. Pour autant, des règles de prudence restent de mise : ne pas donner de rendez-vous chez soi. D’ailleurs, la géolocalisation de la personne avec qui on échange, se cantonne à deux kilomètres au minimum. Ce qui permet toujours de partir en courant...
 
Tinder se propage à vitesse grand V dans le monde entier. À travers, un infini des possibles. Pour les sociologues, il représente une matière captivante à étudier. Voir comment les utilisateurs, selon leurs propres termes se marketent : note perso, attitude, personnalité, physique bien sûr, et les photos. Au-delà, en cumulant les affinités, 5, 10, ou 200, comme les friends sur Facebook, c’est un moyen de gagner confiance en soi, de se rassurer sur sa capacité à séduire. De l’ego-booste pur. Choisir quelqu’un sur une simple photo : une vision effrayante de la société, virtuelle. « Mais la société actuelle est comme ça. » dit un utilisateur. C’est la drague 2.0. C'est la vie d’aujourd’hui. Virtuelle elle aussi ?



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