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​SNCF, la grande réforme de Macron pour 2018 va faire du bruit


Clarisse Rosius
Jeudi 7 Septembre 2017




Début juillet le président de la République a rencontré un panel représentatif de la SNCF pour discuter des réformes qu’il veut instaurer. Un rendez-vous qui est passé relativement inaperçu par rapport aux enjeux. La réforme promise doit être profonde pour une compagnie qui n’aime pas le changement.


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Alors que l’automne s’annonce tourmenté par les grèves liées à la réforme du code du travail, on sent déjà que l’année 2018 va être une année de mouvements sociaux à la SNCF. Alors que le dernier mouvement social de l’entreprise date de juin, les syndicats avaient appelé à se mobiliser contre la réforme du code du travail. Un simple avant-gout de ce qui attend les voyageurs mi 2018 quand le gouvernement va annoncer les réformes pour la compagnie ferroviaire.

Le Monde publie en effet les grandes lignes de la discussion qui s’est tenu à bord du TGV Le Mans-Rennes le 1er juillet dernier. Emmanuel Macron qui participait à ce trajet d’inauguration a profité de ce voyage pour discuter avec dix salariés de la SNCF des réformes à venir. » « Pour être franc, je pense que le modèle sur lequel on a vécu, le mythe de la SNCF, n’est pas celui sur lequel on construira la SNCF du XXIe siècle  (…) Votre défi sera de ne pas rester sur la protection du passé (…). Le vrai défi sera de dire : si vous voulez défendre votre entreprise, il faut la réinventer » a avancé le président, laissant entendre que le statut des cheminots allait être passé à la moulinette.

Aujourd’hui très privilégiés, les cheminots peuvent toucher leur retraite entre 52 ans et 57 ans selon leurs statuts avec un calcul qui prend en compte le dernier salaire touché. « Soyons clairs, si nous ne réglons pas ce problème, ce sont vos enfants qui paieront. C’est injuste » a dit Emmanuel Macron.
L’exécutif se préparerait donc à enclencher des réformes des statuts des travailleurs à la fin du premier semestre. Le président a ainsi laisser entendre que l’Etat interviendrait pour la dette du groupe si de sérieuses réformes étaient adoptées en échange. Une perspective et des appels à entamer des négociations qui bloquent déjà chez les syndicats qui estiment que les difficultés de la SNCF ne sont pas liées aux statuts privilégiés des travailleurs. Au-delà du mouvement du 12 septembre sur la réforme du code du travail, conclue Le Monde, «  la réforme de la SNCF, telle qu’elle est esquissée par le président, pourrait, elle, déboucher sur une effervescence sociale d’une tout autre ampleur. »


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