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Avec l’âge Michael Moore ne gagne pas en objectivité


Mélanie Sagan
Mardi 13 Septembre 2016




Dans son dernier film, dont le style toujours très égocentrique finit par lassé, le réalisateur Michael Moore va encore plus loin dans la caricature. Alors qu’il souligne de véritables problèmes, en grossissant le trait il fait perdre beaucoup de poids à des arguments souvent valables.


Michael Moore n’a pas changé de recette pour son dernier film Where to invade next. Dans ce nouveau film qui critique de manière très directe le modèle américain, le réalisateur se lance dans une démonstration on ne peut plus claire : en Europe tout ce qui ne fonctionne pas aux Etats-Unis marche.

Le résultat est tellement caricatural que la critique ne suit plus. « Casquette au crâne et bannière étoilée en main, le célèbre trublion débarque en Europe bien décidé à démontrer à ses compatriotes la supériorité incontestable du modèle social et moral du vieux continent. Au risque, selon la presse française, de tordre le cou à la réalité » explique Le Figaro qui a réuni les critiques de ce dernier film.
« Selon Paris Match, «sa démonstration n'est guère scientifique ni très objective, mais elle sert d'arme de destruction massive du rêve américain.» Même rengaine du côté d'Ouest France, pour qui Michael Moore continue, comme dans ses précédents films, «à pointer souvent avec humour quoique parfois sans nuances les travers de la société américaine». Bruno Cras, le critique d'Europe 1, se fait plus sévère en parlant d'un «documentaire de mauvaise foi», tandis que Stéphanie Belpêche (JDD) qualifie le réalisateur de «roi du montage et de l'info choisie» » liste le quotidien.

L’Europe, ce paradis pour les Américains

Le problème du film ne repose pas tant sur ce que le réalisateur veut dénoncer des Etats-Unis mais sur son angélisme et sa manière d’enjoliver tout ce qui se fait en Europe. Comme si tout fonctionnait chez nous. Tel un maitre en propagande, Michael Moore, montre une Europe idyllique sans aucun recul critique ou prise de distance.

« Le manichéisme de Michael Moore a visiblement moins gêné la presse américaine. Pour Stephen Holden, du New York Times, la caricature, loin de desservir le propos, contribue à accentuer l'efficacité critique du documentaire en le faisant basculer du côté de la fable édifiante » rapporte Le Figaro.




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