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La gauche déboussolée peine à se reconnaitre minoritaire


Clarisse Rosius
Vendredi 14 Janvier 2022





Les représentants et sympathisants de la gauche s’écharpent sur la possibilité d’une candidature unique alors que les projets et personnalités ont peu de points communs. Oubliant peut-être d’acter qu’à l’évidence, la gauche est minoritaire.


On peut discuter sans cesse de ce que devraient faire les candidats de gauche, cela ne change rien aux règles élémentaires d’arithmétique. Car si depuis des mois, journalistes, commentateurs et sympathisants de gauche répètent qu’aucun candidat se réclamant de ce camp ne peut se qualifier au second tour, fort est de reconnaitre surtout qu’ils sont minoritaires. Et, démocratie oblige, on s’étonne de voir autant d’énergie déployée pour trouver le bon scénario pour qu’un camp largement minoritaire ne finisse par l’emporter.

Un article du « Monde » dédié aux impressions des sympathisants de gauche l’illustre particulièrement bien : « Malgré la tentative de la Primaire populaire ou encore l’appel au rassemblement de la candidate socialiste Anne Hidalgo, et alors que leurs scores peinent à décoller dans les sondages, les candidats de gauche et d’extrême gauche pourraient être au moins huit sur la ligne de départ (Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Fabien Roussel, Anne Hidalgo, Arnaud Montebourg, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud et Anasse Kazib). Une neuvième candidature, celle de Christiane Taubira, invitée surprise – et tardive – dans la partie, pourrait être bientôt confirmée ».
Selon les sondages, et avec des différences notables entre eux, on voit tout de même que les quatre premières places sont occupées par des candidats considérés du centre droit jusqu’à l’extrême droite. A eux quatre, ils totalisent souvent plus de 70% des intentions de vote… Avec pour nuance le fait qu’une partie du centre gauche s’est tournée vers Emmanuel Macron, en tête de tous les sondages, la leçon est tout de même assez claire. 

Et, bien que la déception pointe face à cette situation dans le choix des témoignages retenus, Le Monde a un éclair de clairvoyance en conclusion de son article. Pas forcément sur l’aspect bien peu démocratique de chercher une union des gauches pour gagner une élection contre la majorité, mais au moins en réalisant que cela n’a pas de sens de vouloir unir des projets si différents : « un grand nombre de sympathisants de gauche souhaite l’union, tout en partageant parfois des avis très divergents, la variété des candidatures pour l’élection présidentielle se fait aussi l’écho de leur mosaïque d’opinions. »