Speedy Life
Tendances

Tordez le cou à la normalité, soyez fous !


Lundi 28 Avril 2014





Si les photos postées sur Instagram ont tendance à montrer un monde parfait, sorties du cadre, elles peuvent aussi montrer le désordre environnant ! Si la normalité est érigée en valeur culte - mais aussi décevante – des voix s’élèvent pour que nous arrêtions de gommer nos défauts.


newsfeed.time.com
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Si le livre d'Anne-Sophie et Marie-Aldine Girard publié chez J’ai Lu, La femme parfaite est une connasse, cartonne et caracole en haut de la liste des meilleures ventes, ce n’est pas un hasard : c’est un livre dans l’air du temps. Et pour cause, on nous rebat les oreilles avec la normalité. Aujourd’hui, pour être original, il faut être banal. Quelle tristesse !
 
Question style, le style est au non-style, conceptualisé sous le nom de normcore. Question bien-être, l’orthorexie, soit manger sain, poussé jusqu’à l’obsession, est sur toutes les lèvres. Les livres de self-help, soit de développement personnel, ne sont pas en reste pour nous intimer de gommer tout ce qui dépasse, et pourrait faire tache : nos obsessions, nos névroses, nos défauts, nos imperfections…
 
Pour être heureux vivons cachés. Cette idée rencontre aujourd'hui un franc succès, en réaction sans doute, à un trop plein d’hystérie et d’exposition médiatiques. Les valeurs d’anonymat et de discrétion remportent tous les suffrages. La preuve, notamment, avec le best seller américain, La force des discrets, de Susan Cain, publié en France chez Jean-Claude Lattès, mais aussi, La peur de l’insignifiance nous rend fous de Carlo Strenger, (Belfond), ou, La discrétion, de Pierre Zaoui, (Autrement). Comme il le dit, « la discrétion, c’est l’art de disparaître ».
 
Pour autant, a t-on vraiment envie de disparaître ? Cette attitude conformiste, qui voudrait que l’on rentre dans le rang, est assez commune aux périodes de crises. Résultat, cette surenchère d’égotisme, mise en avant par la folie des selfies, les excenticités des Rihanna ou des Lady Gaga, lassent.

Et pourtant, alors que notre présdident « normal », François Hollande, s’est exprimé par peu de normalité, un livre vient remettre les choses à leur place : Faut-il être normal, de Roland Couteanceau, publié chez Michel Lafon. Roland Couteanceau est psychiatre et psychanalyste, il se rebelle contre cette sacralisation du côté conforme et profil bas.
 
Pour lui, il faut retrouver nos défauts, arrêter de vouloir les aplanir. Souhaiter rentrer dans le rang, c'est espérer vivre des vies lisses, et quel ennui ! Selon lui, les défauts et les traits de caractères forts, mais bien utilisés, aident à créer, « à construire, à imaginer, à avancer ». Peut-être qu’entre la folie borderline, l’exhibitionnisme forcené, et la discrétion totale, existe un entre-deux : être soi, avec ses défauts, qu’il s’agit de rendre positifs ?
 
La force des discrets, de Susan Cain (Jean-Claude Lattès), La peur de l’insignifiance nous rend fous de Carlo Strenger (Belfond), La discrétion, de Pierre Zaoui (Autrement), Faut-il être normal ?, de Roland Couteanceau, (Michel Lafon).