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#happymama


Mercredi 1 Avril 2015




Sous le hashtag « happymama » se cache une belle hypocrisie 2.0. Décryptage.


Alice in her palace
Alice in her palace
#happymama, c’est le hashtag qui fait qu'une mère de famille normalement constituée, se sent comme une crotte. Une tendance lourde sur Internet. Explications : toutes ces photos léchées dont rien ne dépasse du cadre Instagram : appart impeccable, design et déco comme il faut, mère de famille à la blondeur parfaite, perchée sur ses Louboutin, devant un gâteau aussi top que les bouquets de fleurs, et un bambin qui ne renifle pas. Chez les happy mama, les lardons ne reniflent pas. Pas plus qu’ils ne vomissent ou ont le nez qui coule. Ils mangent des brocolis, disent « bonjour madame ». Ils ne se mettent pas les doigts dans le nez et portent des pulls fair isle.
 
Madame Michu et moi-même, on regarde ces photos sans trop y croire vraiment. Sinon, on va direct se coller les doigts dans la prise. Parce que pourquoi ces happy mama réussiraient-elles à dormir douze heures par nuit, à bosser, à continuer à séduire leur mari, à faire de la gym, à élever des enfants qui n’ont jamais de gastro ? Dans le monde réel, les mères font le grand écart entre job et enfants, extra kilos et libido en berne. Pour en remettre une couche et se sentir vraiment déprimée, sur la Toile, les mot-dièses happyfamily ou happybaby fleurissent. Blogs et Tumblr à la clé, ils offrent un quotidien sublimé. Allez voir du côté de Alice in her palace. C'est fou. La vraie vie ? Non.
 
Tout cela pour nous faire croire que la mère 2015 est ultra tout : ultra connectée, ultra branchée, ultra canon, ultra capable, ultra maternelle et en prime, ultra sexy. C’est la working mum d’aujourd’hui, contredite, ouf, dans le livre La vraie parisienne d’Anne Plantagenet (J’ai Lu), lecture nécessaire pour se remonter le moral et voir que l’on n’est pas les seules à criser. Dans tous les cas, cette mère 2.0 a le besoin maladif de montrer au monde entier que chez elle, tout est parfait. Pour ce faire, ses outils sont les réseaux sociaux, les plateformes de partage de photos en ligne, avec une préférence pour la plus chiadée et branchée d’entre elles, Instagram. D’ailleurs, pas plus tard que la semaine dernière, Inès de la Fressange disait dans Elle, « nous les gens de la mode, on est sur Instagram. »
 
En fait, « nous sommes dans une tyrannie de la maternité heureuse » explique à Elle, Marlène Schiappa, co-auteure de J’arrête de m’épuiser (Eyrolles). « La maternité est devenue une valeur refuge » explique au même magazine, la psychologue Deborah Loyal. Avec ces photos, on se retrouve dans une situation de manipulation et de surenchère. Les images retouchées ne montrent évidemment pas le bazar hors-cadre. Si le bonheur de la happy mama est son enfant dont le pull est assorti à sa jupe, « on sait, nous, que le bonheur, quand on est une mère active, c’est de boire un canon de blanc en terrasse avec une copine, et pas de s’adonner au triptyque infernal des trois 3 (douche, dîner, dodo) », dit très justement la journaliste de Elle, Lauren Bastide. Ça, ce n’est pas de la langue de bois !

Béatrix Foisil-Penther
Journaliste, rédactrice, conceptrice, auteur et literary scout. En savoir plus sur cet auteur



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