Attention ! Ces médicaments ne sont désormais plus en vente libre

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Fini l’automédication : les médicaments anti-rhume passent sous ordonnance.©speedylife

Fini l’automédication : les médicaments anti-rhume passent sous ordonnance.

À compter du 11 décembre 2024, des médicaments phares comme Dolirhume ou Nurofen Rhume ne seront plus accessibles sans ordonnance. Une décision de l’ANSM qui suscite débat, mais vise à protéger les patients des risques graves associés à ces molécules.

Des médicaments anti-rhume jugés trop risqués

Les médicaments anti-rhume contenant de la pseudoéphédrine, comme Dolirhume, Actifed Rhume ou Humex, seront désormais classés sur la liste I des substances vénéneuses, nécessitant une prescription médicale. Ce changement, acté par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), répond à une problématique de sécurité sanitaire : ces vasoconstricteurs, largement utilisés pour traiter des symptômes bénins comme un nez bouché, présentent des risques graves. En effet, entre 2012 et 2018, 307 cas graves ont été recensés, incluant des accidents vasculaires cérébraux (AVC), des infarctus ou encore des encéphalopathies.

« On ne risque pas un AVC pour un nez bouché », a déclaré Alexandre de La Volpilière, directeur général adjoint de l’ANSM. Ce positionnement fait suite à des années de recommandations prudentes, notamment de la part du magazine 60 Millions de consommateurs qui, dès 2017, plaidait pour la suppression de ces médicaments en raison d’une balance bénéfice/risque jugée insuffisante.

Un débat entre efficacité et précaution

Les laboratoires pharmaceutiques, représentés par l’association NèreS, se disent « étonnés » par cette décision, qu’ils estiment en contradiction avec les directives européennes. Selon l’Agence européenne des médicaments, des mises en garde claires sur les notices suffiraient à encadrer l’usage de ces traitements. Pourtant, l’ANSM estime que ces mesures n’ont pas permis de réduire suffisamment les risques : malgré des interdictions publicitaires et des campagnes de sensibilisation, la population exposée demeure importante.

La restriction ne signifie pas l’interdiction totale : les médicaments seront toujours disponibles sur ordonnance. Cependant, les médecins sont désormais invités à évaluer rigoureusement chaque prescription. « Nous demandons aux prescripteurs de bien évaluer la balance bénéfice/risque pour chaque patient », insiste l’ANSM. L’objectif : éviter des prescriptions de confort pour des affections guérissant généralement en quelques jours.

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