Grippe : le pic enfin atteint, mais l’épidémie résiste

Depuis le mois de décembre 2024, la grippe a mis la France à rude épreuve, forçant de nombreux hôpitaux à activer le plan blanc et submergeant les services d’urgence. Mais voilà que les premiers signes de ralentissement apparaissent enfin.
Un recul progressif, mais une activité encore intense
Après plus de deux mois de circulation intense du virus, les chiffres commencent à s’améliorer. L’indicateur de surveillance de la grippe s’élevait à 533 cas pour 100 000 habitants la semaine du 27 janvier au 2 février, contre 516 la semaine précédente, selon Santé publique France. Un ralentissement timide, mais significatif.
Si la grippe n’épargne personne, certaines catégories de la population ont été particulièrement affectées. Les enfants et adolescents figurent parmi les plus vulnérables, avec un taux d’hospitalisation en forte hausse ces dernières semaines. Selon les données de Santé publique France, la majorité des admissions concernent des patients de moins de 15 ans.
Les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques ont également payé un lourd tribut. Les formes sévères ont été nombreuses, notamment dans les Ehpad et chez les patients immunodéprimés.
Une géographie inégale de l’épidémie
L’épidémie de grippe a frappé de manière hétérogène. Les régions les plus touchées sont l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand Est. En revanche, d’autres territoires, notamment le Sud-Ouest et la Bretagne, ont connu une vague légèrement moins virulente.
En Belgique, la situation a été encore plus dramatique. Sciensano, l’organisme belge de santé publique, évoque l’épidémie de grippe la plus sévère depuis la pandémie de COVID-19. La pression hospitalière y a été particulièrement élevée, avec des urgences saturées par un afflux massif de patients.
Des hôpitaux encore sous tension
Si le pic épidémique semble avoir été franchi, les établissements de santé peinent encore à souffler. Le déclenchement du plan blanc dans plusieurs hôpitaux a permis de mobiliser du personnel en urgence et d’ouvrir des lits supplémentaires. Mais la situation reste préoccupante, notamment dans les services de pédiatrie et de soins intensifs.
Le personnel soignant, déjà éprouvé par une succession de crises sanitaires, alerte sur un manque chronique de moyens. « Chaque hiver, c’est le même scénario : nous faisons face à un afflux de patients sans ressources supplémentaires », confie un infirmier.
Malgré cette tension, une lueur d’espoir se dessine. La campagne de vaccination, prolongée jusqu’au 28 février, commence à porter ses fruits. De nombreux patients vaccinés présentent des formes moins sévères de la grippe, soulageant ainsi les services hospitaliers.






