Nauru : tente la nationalité payante pour éviter sa disparition

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Le changement climatique entraîne une élévation du niveau de la mer, menaçant directement les zones côtières de Nauru.
Le changement climatique entraîne une élévation du niveau de la mer, menaçant directement les zones côtières de Nauru. | Speedy life

Le changement climatique entraîne une élévation du niveau de la mer, menaçant directement les zones côtières de Nauru.

Imaginez une petite île perdue au cœur du Pacifique, où les plages de sable fin côtoient des eaux cristallines. C’est Nauru, une nation insulaire de seulement 21 kilomètres carrés. Cependant, ça risque de ne pas durer : Nauru est en première ligne face aux effets dévastateurs du changement climatique. Pour assurer sa survie et celle de sa population, le gouvernement nauruan tente le tout pour le tout et lance la vente de sa nationalité.

Nauru : de la richesse au risque de disparition totale

Nauru est la plus petite république indépendante du monde, située en Micronésie, dans le Pacifique central. Avec une population d’environ 11 000 habitants, l’île est densément peuplée. La majorité de la population réside le long des zones côtières, ce qui les rend particulièrement vulnérables à la montée du niveau de la mer et aux phénomènes météorologiques extrêmes.

Dans les années 1970, Nauru était l’un des pays les plus riches du monde en termes de PIB par habitant, grâce à l’exploitation intensive de ses gisements de phosphate. Cependant, une gestion non durable et l’épuisement des ressources ont conduit à une crise économique. Aujourd’hui, l’île cherche à diversifier son économie et à trouver des solutions pour assurer la subsistance de sa population.

Nauru risque d’être engloutie par les eaux

Le changement climatique entraîne une élévation du niveau de la mer, menaçant directement les zones côtières de Nauru. Les projections indiquent que si les tendances actuelles se poursuivent, une grande partie de l’île pourrait être submergée d’ici la fin du siècle.

Outre la montée des eaux, Nauru est confrontée à une érosion côtière très rapide et à une intensification des tempêtes et des marées hautes. Ces phénomènes, qui empirent avec le réchauffement climatique, endommagent les infrastructures, contaminent les sources d’eau douce et réduisent les terres disponibles pour l’agriculture.

Initiatives pour la résilience climatique

Le programme de citoyenneté par investissement

En novembre 2024, lors de la COP29 à Bakou, en Azerbaïdjan, Nauru a lancé le « Programme de citoyenneté économique et de résilience climatique ». Ce programme permet aux investisseurs étrangers d’acquérir la citoyenneté nauruane en échange d’une contribution financière. Les fonds récoltés sont destinés à financer des projets d’adaptation climatique et de développement durable.

Détails du programme :

  • Contribution financière : Les investisseurs doivent verser un montant minimum de 105 000 USD au Fonds du Trésor de Nauru.
  • Avantages : Les nouveaux citoyens obtiennent un passeport nauruan offrant un accès sans visa à 89 pays, dont le Royaume-Uni, l’Irlande, les Émirats arabes unis et Hong Kong.
  • Processus : Les candidatures doivent être soumises par l’intermédiaire d’agents agréés par le gouvernement. Le processus comprend des vérifications rigoureuses des antécédents pour garantir l’intégrité du programme.

Selon Edward Clark, directeur général du programme, l’objectif est de générer environ 60 millions de dollars australiens au cours de la première année, ce qui représenterait environ 20 % des revenus gouvernementaux de Nauru.

L’Initiative « Higher Ground »

Parallèlement au programme de citoyenneté, Nauru a lancé l’initiative « Higher Ground ». Ce projet ambitieux vise à relocaliser les communautés vivant dans les zones côtières vulnérables vers des régions intérieures plus élevées. L’objectif est de réduire l’exposition aux risques liés à la montée du niveau de la mer et aux phénomènes météorologiques extrêmes.

Objectifs principaux :

  • Relocalisation progressive : Déplacer les infrastructures critiques et les habitations vers des zones plus sûres sur une période de plusieurs décennies.
  • Réhabilitation des terres : Restaurer les zones dégradées par l’exploitation minière pour les rendre habitables et propices à l’agriculture.
  • Construction d’infrastructures résilientes : Développer des infrastructures capables de résister aux aléas climatiques, notamment des digues, des routes et des systèmes d’approvisionnement en eau.

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