Ghosting : ce que cache vraiment cette disparition brutale

Près de 72% des jeunes adultes français ont déjà été victimes de ghosting. Ce phénomène, qui touche de plus en plus nos vies, soulève des questions profondes sur nos relations. Découvrez ce qui se cache derrière cette tendance troublante.
Le terme « ghosting » vient tout juste d’être intégré au Petit Robert, confirmant ainsi sa place dans notre langue. On parle de ghosting quand quelqu’un s’évapore complètement sans explication. Souvent associé aux rencontres en ligne, ce comportement s’invite aussi bien dans d’autres aspects de nos rapports du quotidien.
Une pratique partout en France
Une étude récente menée par la plateforme de santé mentale Unobravo en mai 2025 révèle que près de la moitié des adultes français ont déjà connu le ghosting. Ce phénomène est particulièrement présent chez les jeunes adultes : 72% des Français de 18 à 24 ans indiquent avoir vécu cette situation, contre 62% pour les 25-34 ans, affectant leur confiance en soi. Pour ceux qui cherchent activement un partenaire, le taux grimpe à 69%, montrant bien que le ghosting fait désormais partie intégrante des rencontres amoureuses actuelles.
L’essor du ghosting s’explique par plusieurs facteurs sociaux et technologiques. On assiste à un phénomène de consumérisme affectif où les relations se transforment en biens jetables, contribuant à la fatigue des rencontres. Par ailleurs, les réseaux sociaux et applications de rencontres comme Tinder ou Bumble favorisent des échanges rapides et superficiels, rendant ce genre de manipulation amoureuse d’autant plus courant.
Valeria Fiorenza Perris, psychothérapeute et directeure clinique chez Unobravo, explique que « même si le ghosting est souvent lié aux applis de rencontre, il se produit tout autant dans la vie de tous les jours ». Cela montre bien que ce mode d’agir a fini par s’immiscer dans nos interactions quotidiennes, bien au-delà du virtuel.
Le ghosting vu sous l’angle psychologique
D’un point de vue psychologique, le ghosting n’est pas tant le fruit d’un manque d’éducation qu’une manière d’éviter les discussions difficiles ou les confrontations qui accompagnent une rupture officielle. En entrant et sortant d’une relation sans cérémonies – un peu comme entrer et sortir d’un bar ou d’un fast-food – on constate une certaine désinvolture sentimentale qui peut laisser des traces chez ceux qui en font l’expérience.
Ce comportement force à se poser des questions sur notre aptitude à gérer les émotions intenses et à entretenir des relations authentiques dans un monde où tout paraît de plus en plus éphémère et interchangeable. Le ghosting s’impose aujourd’hui dans notre vie quotidienne, touchant tous les âges et bouleversant notre manière de nous connecter aux autres. Face à ce paysage numérique en perpétuelle évolution, il est peut-être temps de repenser nos liens et d’oser plus de sincérité et moins d’évitement dans nos échanges, malgré les défis pour les célibataires.






