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​Cancer : expérimentation d’un dépistage des fumeurs sans symptômes


Clarisse Rosius
Mercredi 2 Février 2022





La haute autorité de santé a accepté qu’une expérimentation à petite échelle soit lancée pour dépister le cancer du poumon chez les fumeurs. Alors qu’une prise en charge précoce augmente les chances de survie, il existe aussi un risque de sur diagnostic avec des tumeurs bégnines traitées.


Creative Commons - Pixabay
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S’attaquer au cancer du poumon comme à ce lui du sein ? L’idée parait simple et séduisante. Puisque le cancer le plus mortel de tous touche surtout les fumeurs, pourquoi ne pas dépister ces derniers même en l’absence de symptômes ? Saisie sur ce sujet, la Haute autorité de santé s’est opposée à un dépistage généralisé des fumeurs mais a validé un projet d’expérimentation. 
 
« Les autorités sanitaires françaises se sont prononcées mardi pour l'expérimentation à échelle limitée d'un dépistage du cancer du poumon chez les fumeurs, estimant toutefois qu'il était trop tôt pour généraliser un tel dispositif à grande échelle. "L'état des connaissances est encore incomplet pour la mise en place d'un programme de dépistage systématique et organisé du cancer broncho-pulmonaire en France", a jugé la Haute autorité de santé (HAS) dans un avis. Toutefois, il serait bienvenu de lancer "dès maintenant l'engagement d'un programme pilote" pour tâter le terrain, nuance cet avis. Celui-ci actualise un précédent avis de 2016, dans lequel la HAS s'était déjà opposée à un dépistage organisé par scanner du cancer du poumon, le plus meurtrier en France avec quelque 33.000 décès annuels » rapporte BFMTV. 
 
C’est une réponse toute en prudence que la Haute Autorité a rendu. Car si des études montrent en effet que le dépistage permet d’augmenter les chances de survie des personnes, il y a un risque aussi de surintepréter des données. « Cette stratégie, par exemple en vigueur aux États-Unis, est défendue depuis plusieurs années par certains pneumologues, qui regrettent la frilosité des autorités sanitaires françaises. Mais le dépistage organisé présente aussi des risques en matière de santé publique. Les autorités craignent essentiellement un risque de "surdiagnostic": repérer des tumeurs qui n'évolueraient de toute façon pas en cancer et, en conséquence, imposer des traitements lourds et inutiles au patient » ajoute BFM. Ce qui explique le jugement de Salomon de la HAS.




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