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​Féminicides : pour près des deux tiers des victimes, la police avait été alertée


Clarisse Rosius
Lundi 18 Novembre 2019





Le rapport sur les féminicides commandés par le ministère de la Justice montre qu’il existe bien des spécificités et des défis particuliers pour ces drames. On apprend en effet que 65% des cas, la police avait été alertée de violences.


Creative Commons - Pixabay
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Il ne s’agit pas de faits divers comme les autres. Les homicides de femmes dans un contexte de violences conjugales ont des enjeux et des défis propres. C’est ce que montre de façon tout à fait évidente le rapport sur les homicides conjugaux publié par le ministère de la Justice. Dans une interview au Journal du Dimanche, Nicole Belloubet reconnait ainsi que la « chaine pénale n’est pas satisfaisante ». 

S’il faut prendre avec des pincettes des statistiques réalisées sur des chiffres inférieurs à cent, les résultats n’en demeurent pas moins révoltants. « Ce rapport a été confié en juin dernier à l'Inspection générale de la justice, chargée d'un état des lieux après l'examen de 88 dossiers d'homicides conjugaux et de tentatives d'homicides commises en 2015 et 2016 et définitivement jugés, afin d'identifier d'éventuelles failles. Selon ce texte, il apparaît que dans 65 % des cas d'homicide et de violences conjugales, la gendarmerie ou la police avaient été saisies. Les mains courantes et les procès-verbaux de renseignements judiciaires ne débouchent sur des investigations que dans 18 % des cas. Dans 41 % des 88 homicides conjugaux et tentatives, la victime s'était déjà signalée », rapporte Le Parisien-Aujourd’hui en France

Éternel cliché que l’enquête confirme, la plupart des femmes qui sont tuées par violences conjugales étaient donc connues par leur entourage, les professionnels médicaux, leur voisinage et même la police, comme victimes de violences. Il y a donc quelque chose à faire pour mieux les protéger. Mais comme souvent, lorsque se présentent les options, les solutions de facilités s’avèrent moins séduisantes que prévu. 

L’option de la rupture du secret médical par exemple pose de nombreux problèmes. Outre la rupture de confiance entre les soignants et les patients, il pourrait amener à l’effet inverse avec des victimes qui renoncent à se faire soigner. Alors qu’une sensibilisation accrue des médecins pour qu’ils plaident auprès des victimes en leur présentant des solutions est moins séduisante sur le papier, mais certainement plus efficace.




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