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Alain Juppé veut qu’on oublie son passé judiciaire


Clarisse Rosius
Vendredi 22 Février 2019





Alors qu’il vient d’être nommé au Conseil constitutionnel, Alain Juppé avait été condamné en 2004 pour prise illégale d’intérêt. Aux critiques en réaction à sa nomination, il a répondu que ses dernières élections à Bordeaux pouvaient être vues comme une « forme de pardon ».


Creative Commons - Pixabay
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Le dernier nommé au Conseil constitutionnel a un casier judiciaire. Beaucoup de commentateurs ont surtout retenu cet aspect de la nomination d’Alain Juppé. Proposé le 3 février par le président de l’Assemblée nationale, le nom de l’ancien Premier ministre a été retenu par un vote en commission. L’étonnement des observateurs est d’autant plus naturel, que le principal intéressé n’a pas caché sa propre « surprise » : « Parce que je me suis d'abord demandé si j'en étais digne. J'ai donc interrogé le président de l'Assemblée nationale avant d'accepter sa proposition pour savoir si ma condamnation pénale constituait un obstacle juridique. Après y avoir réfléchi, M. Ferrand m'a rappelé pour me dire qu'il n'y avait pas d'empêchement juridique. »

En 2004, Alain Juppé a été condamné en appel à 14 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour « prise illégale d’intérêt » dans l’affaire des emplois fictifs de la maire de Paris. « Les faits qui m'ont été reprochés remontent au début des années 90, au moment où le législateur mettait en place un cadre légal pour le financement des partis politiques. J'ai purgé ma peine et peut-être le temps peut-il donner droit à l'oubli (…) La décision de la cour d'appel de Versailles, en 2004, m'a rendu en grande partie mon honneur. Elle a jugé expressément que je ne m'étais rendu coupable d'aucun enrichissement personnel et que je ne devais pas être le bouc émissaire d'une responsabilité collective » a ajouté celui qui vient de démissionner de la mairie de Bordeaux.

Si le droit à l’oubli est une réalité pour tous les justiciables, la question se pose néanmoins pour l’obtention de certains postes. De la même façon que certaines professions nécessitent un casier judiciaire vierge, on aurait pu penser la même chose pour le Conseil constitutionnel. Mais alors, la place de Nicolas Sarkozy serait donc menacée par les procédures judiciaires qui le concernent. De son côté Alain Juppé a une vision de la justice en politique bien à lui. « Alain Juppé a confié avoir "vu une forme de pardon" dans la confiance que lui avait accordée les électeurs bordelais en 2006, 2008 et 2014 » rapporte La Tribune. Il suffit donc d’être élu. Un message que le couple Balkany a certainement accueilli avec satisfaction.




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