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Anna Karina, une figure féminine s’en est allée


Clarisse Rosius
Lundi 16 Décembre 2019





La mort de Anna Karina marque comme la fin d’une époque. L’égérie de la nouvelle vague devenue une voix est morte à l’âge de 79 ans du cancer.


DR - Getty Image
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C’est comme si une page du cinéma se tournait. Anna Karina est morte ce week-end du cancer. Ancienne femme de Jean-Luc Godard, l’actrice puis chanteuse a marqué des générations par ses interprétations symboliques de la Nouvelle Vague. « La vie d’Anna Karina ne se résume certes pas à ces six années du début des années 60. Mais l’actrice y plongeait constamment ses interlocuteurs, qu’ils soient ses amis ou des relations professionnelles, journalistes, metteurs en scène, et peut-être même son mari, Dennis Berry, qui lui consacra un documentaire en 2016, Anna Karina, souviens-toi, et avec qui elle vivait depuis une quarantaine d’années. Il y avait de la beauté dans sa manière d’être en boucle, et de refuser de « fermer le livre », disait-elle, comme si la vie s’était déteinte ensuite, malgré son énergie et les films tournés avec les plus grands noms du cinéma - Cukor, Fassbinder, Visconti, Delvaux » écrit Libération , dans une longue et passionnante nécrologie. 
 
Ces dernières années, Anna Karina était régulièrement convoquée comme témoin de cette époque glorieuse du cinéma français. Cette époque où le monde entier identifiait une pate spéciale, une marque caractéristique de réinventer les genres et de bousculer les codes. Et avec son petit accent et sa vie d’aventurière autant que son nom enchanteur, Anna Karina incarnait à la perfection cette période. Jeune adolescente danoise, fugueuse d’un père violent dès ses 13 ans, elle a vécu de petits boulots dès ses 14 ans avant de venir tenter sa chance en débarquant en stop à Paris. Et Libé de raconter la deuxième naissance de la vedette : « Il faut imaginer la ténacité de la jeune fille, qui ne connaît la France que par des chansons, celles de Piaf et de Trénet notamment, et qui est tenue par la volonté d’être actrice. A Paris, elle n’a aucune relation, elle est hébergée grâce à un pasteur dans une chambre de bonne sans eau courante, note Antoine de Baecque dans sa biographie de Godard. Et elle fait la manche en dessinant à la craie sur le bitume du boulevard Saint-Germain. « J’étais sale, si sale. J’étais dégoûtante, noire de crasse », racontait-elle à Libération l’année dernière. Il n’empêche : c’est cette jeune fille si sale qui est repérée à la terrasse des Deux Magots par une imprésario de mannequins, Catherine Harlé. Quelques jours plus tard, dans les locaux de Elle, alors qu’elle est en train d’être maquillée, une femme « très élégante » s’approche d’elle :
« Comment vous appelez-vous ?
- Hanne-Karin Bayer.
- Tu t’appelleras Anna Karina. » »
 
Lire en intégralité la nécrologie du Libération




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