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Bébés malformés, la "lanceuse d’alerte" licenciée


Clarisse Rosius
Lundi 29 Octobre 2018




La directrice du registre des malformations en Rhône-Alpes vient d’être licenciée. Une décision budgétaire d’autant plus difficile à comprendre que c’est elle qui est à l’origine du débat public et sanitaire sur une éventuelle anomalie avec des naissances multiples de bébés sans bras ou sans mains.


Creative Commons - Pixabay
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Hasard du calendrier qui donne des airs de scandales à une suppression de budget. Emmanuelle Amar, la responsable du registre des malformations en Rhône-Alpes vient de recevoir sa lettre de licenciement. Un courrier qui n’est pas une surprise pour cette épidémiologiste qui avait été prévenue de cette décision lors d’un entretien i octobre. Mais si les médias s’intéressent autant à son licenciement c’est que les derniers mois avaient donné l’impression que son travail était d’intérêt général. C’est en effet elle qui a lancé l’alerte sur les naissances multiples de bébés nés sans bras ou sans mains dans le département de l’Ain entre 2009 et 2014. « Emmanuelle Amar avait été reçue le 16 octobre par les Hospices civils de Lyon, qui verse les salaires aux salariés du Remera, pour son entretien préalable au licenciement, comme nous l’indiquions la semaine dernière. L’Inserm et la région Rhône-Alpes ont annoncé il y a quelques mois la suppression de financements de 140 000 euros » raconte Le Parisien-Aujourd’hui en France.
 
Le gouvernement s’est empressé d’annoncer que la mission qui était dévolue au Docteur Amar et à son équipe n’allait pas disparaitre. Les registres continueront d’exister, a avancé la ministre de la Santé Agnès Buzyn, mais seront gérés par une autre administration. « Santé publique France, un autre co-financeur, a annoncé récemment qu’elle pourrait les prolonger… mais avec une autre équipe, ce qui complique encore la situation. Agnès Buzyn avait par ailleurs déclaré vouloir « relancer une enquête » avec l’Anses et Santé publique France pour avoir des « regards croisés » de médecins et d’experts de l’environnement » poursuit le quotidien français.
 
Des recherches plus approfondies doivent permettre de prendre du recul sur les conclusions de Emmanuelle Amar qui a été notamment vertement critiquée par la responsable des recherches de l’Inserm, Ségolène Aymé. « Outre les cas de malformation observés dans l’Ain, trois naissances d’enfants nés sans bras ou sans mains ont été signalées en Loire-Atlantique entre 2007 et 2008 et quatre autres en Bretagne entre 2011 et 2013, à chaque fois dans un périmètre restreint. Dans une première enquête, l’agence sanitaire Santé publique France a conclu au début du mois que le nombre de cas de l’Ain n’était pas statistiquement supérieur à la moyenne nationale. A l’inverse, il y a bien eu, selon elle, un excès de cas en Loire-Atlantique et en Bretagne, mais sans cause identifiée » rappelle Le Parisien.