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En Arabie Saoudite, une étudiante écope de 34 ans de prison pour ses Tweets


Clarisse Rosius
Mardi 30 Août 2022





Human Right Watch s’insurge contre la condamnation à 34 ans de prison d’une doctorante saoudienne installée à Londres. La décision est tombée le 9 aout dernier en appel d’une décision de fin 2021 du « tribunal antiterroriste » qui l’avait condamnée à 6 ans.


Creative Commons - Pixabay
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En Arabie Saoudite, de mauvais Tweet peuvent vous faire passer 34 ans en prison. C’est ce que dénonce Hulan Right Watch dans un communiqué dédié à la décision de justice qui vise une femmes saoudienne pour ses positions critiques en ligne. « Fin 2021, la Cour pénale spéciale, le tribunal antiterroriste du pays, avait condamné Salma al-Chehab à six ans de prison pour ses tweets. Elle a fait appel de la peine en affirmant qu'elle ne savait pas que son activité sur Twitter constituait un crime, et que son audience d'environ 2 000 suiveurs était trop petite pour « perturber l'ordre [...] de la société ». Pourtant, le 9 août, la cour d'appel a décidé d'augmenter sa peine, estimant que la peine initiale n'avait eu l'effet « dissuasif » escompté » explique le communiqué de HRW. 

 

« Même pour l'Arabie saoudite, la peine de 34 ans infligée à Salma al-Chehab pour l'expression pacifique de ses opinions est absurde (…) Les autorités saoudiennes se sentent clairement habilitées à écraser toute dissidence, et celles des femmes saoudiennes en particulier. Les États-Unis, la France et les autres gouvernements qui ont renforcé leurs liens diplomatiques avec le royaume devraient rapidement et publiquement condamner cette décision », a commenté un responsable de l’ONG cité dans le communiqué. 

« Selon les documents judiciaires examinés par Human Rights Watch, Salma al-Chehab a été condamnée à 8 de prison en vertu de la loi antiterroriste saoudienne pour avoir « soutenu des personnes qui incitent au terrorisme », à 10 ans pour avoir apporté son « soutien à des personnes qui cherchent à perturber l'ordre public, affaiblir la sécurité de la société et saper la stabilité de l'État » en suivant ces personnes sur Twitter et en en retweetant leurs posts, à 5 ans pour avoir « créé un compte en ligne pour commettre l'un des actes interdits par la loi antiterroriste » et à 5 ans pour avoir « diffusé des rumeurs fausses et malveillantes » -- soit 28 ans pour ces infractions. Le tribunal l'a en outre condamnée à une année supplémentaire de prison en vertu de la loi anti-cybercriminalité pour « création d'un compte en ligne qui perturbe l'ordre public ». Enfin, le juge qui présidait l'audience a également ajouté une peine discrétionnaire de 5 ans » continue le texte de l’association. Une addition de peines sans queue ni tête et sans aucune rationalité avec la première instance qui envoie un signal clair aux opposants du Prince héritier Mohamed Ben Salmane. 





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