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Expo Gotlib, humour absurde et anticonformiste


Lundi 14 Avril 2014




"Les Mondes de Gotlib" rassemble près de 150 planches originales publiées mais jamais exposées ainsi que des archives photographiques du dessinateur de bande dessinée qui fête ses 80 ans cette année.


Gotlib, on le connait d'abord pour ses personnages emblématiques : Gai-Luron, Superdupont, Isaac Newton... et pour les mythiques albums "Les Dingodossiers" créés avec René Goscinny, ou tout seul avec la série des "Rubrique-à-Brac". Il a aussi participé à la publication de "L'Echo des Savanes" à partir de 1975 et a fondé son propre journal "Fluide Glacial".

Une bande dessinée renouvelée

Les organisateur de l'exposition présentent la personnalité de l'auteur : "Dans ses dessins comme dans ses textes, Gotlib oscille du dérisoire à l'absurde. Son goût pour l'autoportrait, les gags, la satire, l'humour noir et les jeux de langage est le moteur d'une superbe maîtrise du récit qu’il testera également au cinéma" ; et sa rupture avec les codes traditionnels de la bande dessinée de l'époque : "Sortant du répertoire plastique de la bande dessinée des années 1960 et 1970, Gotlib fait exploser le cadre conventionnel de la case tout en donnant une place essentielle au traitement du texte et de la lettre – ce qui n'est pas sans rappeler le rôle de ces derniers dans la culture juive. Son œuvre fait de lui un des accoucheurs du renouveau de la bande dessinée désormais affranchie de l’école belge et de la ligne claire".

Un savant mélange de satire et d'absurde

"Par sa verve satirique, et son goût de l’absurde, Gotlib se place comme un héritier de la tradition d’un humour parfois potache, souvent tendre et poétique, mais avant tout juif et anglo-saxon à la fois car impitoyable, amer et jusqu’au-boutiste, nourri par un sens profond du tragique et de l’autodérision. On y retrouve l’humour des Marx Brothers, de Laurel et Hardy, de Charlie Chaplin, de Buster Keaton ou encore de Jerry Lewis. On comprend aussi sa complicité avec les Monty Python et les traits d’humour grinçant cultivés dans MAD et dans les comix, la bande dessinée américaine underground. Tous sont autant un produit de l’humour noir que du goût renouvelé pour les anti-héros et les perdants incarnés, les losers, les nerds, que les auteurs des années 1970 aiment à présenter, et qu’ils ne dédaignent pas pour incarner leur propres personnages."
 
Gotlib, tout comme Franquin ou Hergé a volontairement arrêté de dessiner en pleine gloire, mais cette exposition permet de constater que l’œuvre qu’il laisse continue à séduire de nouvelles générations.

Les mondes de Gotlib
Jusqu'au 27 juillet 2014, au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme, Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple
75003 Paris




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