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L’UE s’attaque aux chiffrements des applications de messageries


Clarisse Rosius
Vendredi 13 Novembre 2020





Dans la foulée des attaques terroristes, l’Union européenne travaille sur un texte qui veut faire sauter le chiffrement des applications de messagerie. Parlant des réseaux criminels ou terroristes, les autorités européennes oublient un peu vite qu’il existe aussi des raisons légitimes de chercher la confidentialité.


Voilà un dossier qui va beaucoup faire parler. A l’heure ou le traitement des données personnelles et des questions légitimes sur les accès est devenu un sujet grand public, l’Union européenne planche sur un texte qui veut imposer aux applications de discussions de laisser des failles de sécurité. « Un projet de résolution adopté par le conseil de l’Union européenne pourrait obliger les applications de messageries à autoriser les services de renseignement et les enquêteurs de la police à passer outre le chiffrement de bout en bout qu’elles proposent. Pour ce faire, l’UE forcerait des services comme WhattsApp, Signal ou encore Telegram à ménager des backdoorspermettant aux autorités de surveiller ou retracer les échanges de personnes suspectées de terrorisme, ou encore d’individus mêlés à la pédopornographie en ligne. La piste d’une interdiction pure et simple de ces échanges chiffrés ne serait en outre pas tout à fait exclue » rapporte Frandroid .

Un média autrichien, ORF, a eu accès au document et en a révélé les grandes lignes. « Partant du principe qu’il « existe des cas où le chiffrement rend l’analyse du contenu des communications (…) extrêmement difficile ou pratiquement impossible malgré le fait que l’accès à ces données serait légal », le document consulté par l’ORF établit qu’il est nécessaire de garantir « la capacité des autorités compétentes, dans le domaine de la sécurité et de la justice pénale, d’exercer les pouvoirs légaux en ligne et hors ligne ». Le Conseil de l’UE assure néanmoins soutenir « le développement, la mise en œuvre et l’utilisation d’un chiffrement fort ». En conséquence, le projet de résolution rappelle qu’il est nécessaire que ces futures mesures soient respectueuses des « principes de légalité, de transparence, de nécessité et de proportionnalité »» appuie le site spécialisé.

Alors que l’on peut comprendre la frustration des enquêteurs à ne pas avoir accès à des communications malgré des autorisations légales d’enquêter, l’initiative n’est pas sans risque. Car les applications sécurisées sont utilisées aussi pour garder secrets des échanges qui doivent le rester. Entre des personnalités politiques, membres d’administrations, journalistes et sources, opposants et pouvoirs politiques. Or une exception dans la règle du chiffrement d’un bout à l’autre, serait une opportunité pour hackeurs ou services étrangers. 




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