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Bien-être

La « Digital Detox » pour de vrai


Mercredi 25 Février 2015




Dans le registre « Digital Detox », il y a l’expérience du journaliste Pierre-Olivier Labbé. Dans un film qui est diffusé ce soir sur Canal+, il raconte ses 90 jours volontaires sans smartphone ni accès à Internet.


Olivier Labbé en Lozère
Olivier Labbé en Lozère
Il a survécu. Et son expérience est riche d’enseignements. Le journaliste Pierre-Olivier Labbé a vécu 90 jours totalement déconnecté. Son « épreuve » a donné lieu à un film de 90 minutes, Digital Detox qui passe ce soir à 20h55 sur Canal+. Avant de se lancer dans cette aventure, Pierre-Olivier Labbé avait un usage de son smartphone pas forcément plus intense que la moyenne, mais quand même : quatre heures quotidiennes passées sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, de multiples consultations de son compte Twitter, de Snapchat, et un usage plus que soutenu de son téléphone, « un prolongement de lui-même », dit-il. De son propre terme, il était « devenu esclave d’une technologie intrusive. »

Vous prenez le même homme. Vous lui faites vivre une expérience extrême, celle de la déconnexion longue durée. Soit trois mois passés sans Internet ni téléphone. Ce qui de fait, signifie : plus de Google, plus de Facebook, plus de Skype, plus d'emails. Rien. Il fallait sans doute une certaine volonté à Pierre-Olivier Labbé pour se lancer dans l’aventure. À la fois, on a tendance à oublier qu’il y a une quinzaine d’années, on vivait quasiment sans Internet.

Du 1er septembre au 1er décembre dernier, déconnexion totale donc. Première étape, tel un drogué, un sevrage radical : cinq jours en Lozère, loin de toute tentation numérique. Et ? Il redécouvre la vraie vie : déplier des cartes routières, demander son chemin aux gens, lire, écrire et envoyer des cartes postales. En somme, rien de dramatique.

Il est ensuite rentré à Paris. Les choses se sont alors corsées. Il s’est mis à ressentir un manque de « l’Internet pratique », comme il le nomme :  celui « des virements bancaires, des achats de billets de train, de Google Maps ». Le côté pratique a vite été doublé par le côté social, le manque induit par l’impossibilité de « l’Internet social », plus précisément, celui des réseaux sociaux. Au bout de deux mois rapporte le site de 20 Minutes, Pierre-Olivier Labbé a « connu une vraie désociabilisation ». Il a tenu, avouant malgré tout, qu’il aurait sans doute craqué si sa déconnexion forcée avait eu lieu lors des évènements du mois de janvier dernier.
 
Moralité : il confie qu’aujourd’hui, « tout est plus compliqué » sans Internet. C’est un point. L’autre, ces 3 mois sans connexion lui ont appris à ne plus se laisser « bouffer ». Après son expérience de l’extrême, il a repris son smartphone, mais avec des bémols : plus de notifications, mise à distance volontaire quand il se retrouve avec des amis. Son téléphone ne lui sert plus de réveil. Le but ? Qu’il ne soit pas le premier objet utilisé le matin, ni le dernier le soir. « Il n’y a aucune raison de se passer d’Internet. Il faut arriver à moduler sa consommation », dit-il. Comme l’alcool finalement, tout est dans la modération.
 
 




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