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Le cinéma d'animation, un joyau charentais


Clarisse Rosius
Lundi 15 Janvier 2018




Angoulême a tenu la dragée haute aux premiers Emile Awards le 8 décembre dernier. La cérémonie récompense le meilleur de l'animation européenne. La moitié des prix est revenu à l'animation française et parmi elle, tous les prix aux longs-métrages ont été raflés par les productions angoumoisines. Rien d'étonnant, le pôle image, bien organisé et fort de d'un écosystème complet, se démarque largement de ses concurrents.


Source : Pixabay, image libre de droit
Source : Pixabay, image libre de droit
Deux films réalisés à Angoulême ont beaucoup fait parler d'eux en 2017. Ma vie de courgette et La tortue rouge, multi-primés depuis leur sortie, ont même été nominés aux Oscars. La tortue rouge, intégralement réalisé à Angoulême et coproduit avec les mythiques studios Ghibli au Japon, a déjà reçu le prix du jury à Cannes dans la catégorie Un certain regard. "Et Ma vie de courgette", partiellement fabriqué à Angoulême, s'est distinguée avec deux Césars et le prix du cinéma européen du meilleur film d'animation. La filière récolte des lauriers depuis plusieurs années. Peu de collectivités peuvent s'enorgueillir d'obtenir un César 3 années de suite. C'est le cas de la Nouvelle-aquitaine avec Minuscule, la vallée des fourmis perdues en 2014, Loulou, l'incroyable secret en 2015 et Ernest et Célestine en 2016.

Au départ, il y avait le festival de la BD, l'école des beaux-arts et une tradition autour de la fabrication du papier. Au fil des ans, l'ensemble crée une synergie qui finit par faire boule de neige grâce au soutien continu des collectivités locales. Quelques studios de dessin animé s'installent, suivis d'autres, appuyé par la section BD des beaux-arts puis de la formation animation que l'école propose...Le pôle image est lancé. Depuis 1997, Magelis a su agglomérer l'ensemble des acteurs de la filière. Angoulême est aujourd'hui le second centre de production d'images animées en France, juste derrière Paris.

Pour Christophe Jankovic, co-fondateur et directeur de Prima Linea qui a produit La tortue rouge, le pôle image est « un joyau de la couronne de l'audiovisuel en région, il n'y a pas d'équivalent en Europe, rien qui soit aussi dynamique et aussi varié.». Venu de la région parisienne en 2003 pour son premier long-métrage, Prima Linea est finalement resté, séduit par le cadre de vie et la dynamique locale : « il y avait une vitalité avec la Cité de la BD, le festival, la maison des auteurs, les écoles de l'image dont l'Emca (Nda : Ecole des métiers du cinéma d'animation)...Le coeur du pôle était déjà constitué. »

« Le pôle a bien grandi depuis ses débuts. C'est un secteur à part entière de l'économie » affirme Géraldine Cohen, chargée de communication à Objectif 3D, école de formation à la 3D installée en 2017 à Angoulême. « Il ne sera plus possible de revenir en arrière ». Le pôle image compte aujourd'hui près de 40 studios d'animations, 1000 professionnels et 1200 étudiants dans 12 écoles spécialisées qui alimentent non seulement les entreprises locales mais celles du monde entier.




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