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Meta : son abonnement retoqué par l’UE


Paolo Garoscio
Jeudi 18 Avril 2024





En novembre 2024, Meta a lancé une offre controversée en Europe : un abonnement payant pour les utilisateurs de Facebook et Instagram désireux de ne pas partager leurs données personnelles. L’objectif de Meta était d’offrir une alternative au modèle économique basé sur la publicité ciblée tout en se garantissant un revenu mensuel. Mais une telle offre a rapidement soulevé des interrogations sur sa conformité avec le Règlement général sur la protection des données (RGPD).


L’Europe dit non à l’abonnement de Meta

Le Comité européen de la protection des données (EDPB) a exprimé ses réserves sur cette formule d'abonnement, soulignant que la protection des données est un droit fondamental et ne devrait pas être conditionnée par un paiement. En effet, l'EDPB a préconisé que les grandes plateformes comme Meta doivent offrir une option gratuite et équivalente, sans publicité ciblée ou exploitant moins de données personnelles. Cette position s'appuie sur une jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne mais ajoute une complexité supplémentaire au modèle de Meta, qui espérait simplifier son approche conformément aux règles européennes.

Le système mis en place par Meta, souvent résumé par la formule « Pay or Okay », propose deux options aux utilisateurs : payer un abonnement mensuel pour éviter la publicité ou accepter que leurs données personnelles soient utilisées à ces fins. Cette démarche a été largement critiquée par les défenseurs de la vie privée et a été jugée non conforme par l'EDPB. Les critiques arguent que les utilisateurs ne peuvent pas évaluer pleinement l'ampleur et les conséquences du traitement de leurs données, rendant tout consentement non éclairé et donc invalide sous le RGPD.

Vers une révision du modèle économique de Meta ?

Face à ces critiques, Meta a réduit le prix de son abonnement en Europe, passant de 9,99 euros à 5,99 euros, sans pour autant convaincre les régulateurs. L'EDPB, appuyé par des organisations comme Noyb, recommande la mise en place d'une troisième option qui n'impliquerait ni paiement d'abonnement, ni consentement au traitement des données pour la publicité.

« Dans la plupart des cas, les grandes plateformes en ligne ne pourront pas se conformer aux exigences en matière de consentement valable si elles ne proposent aux utilisateurs qu’un choix binaire entre le consentement au traitement des données à caractère personnel à des fins de publicité comportementale et le paiement d’une redevance », explique l’EPDB.




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