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Mort de Pierre Péan, le journalisme français perd un enquêteur non militant


Clarisse Rosius
Lundi 29 Juillet 2019





Le journaliste indépendant d’enquête Pierre Péan est mort le 25 juillet à 81 ans. C’est la disparition d’un des rares portes étendards de l’enquête journalistique non militante. Média à lui tout seul, il est mort quelques jours après que son éternel rival Edwy Plenel fasse de nouveau parler de lui en défendant les article de Mediapart sur François de Rugy.


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Média à lui tout seul, Pierre Péan donne tout son sens à l’indépendance totale en journalisme. Près d’un demi-siècle d’enquêtes à forts retentissements publiés dans des livres offensifs ont fait de Pierre Péan un monument du journalisme français. A rebours de la profession de journaliste, il a imposé sa signature comme une marque pour ensuite s’attaquer à des sujets complexes et souvent explosifs. « Pierre Péan s’est fait connaître avec ses enquêtes fouillées au long cours, qu’il publiait à raison d’un livre tous les un ou deux ans. Son coup de maître, il le réalise en 1994 avec Une jeunesse française : François Mitterrand 1934-1947, dans lequel le président socialiste s’explique pour la première fois sur son appartenance à la droite pétainiste qui allait engager la France dans la collaboration avec l’occupant nazi, avant son action dans la Résistance. N’ayant jamais peur des polémiques, il enquêtera aussi sur Jacques Chirac, Bernard Kouchner ou Jean-Marie Le Pen » résume Le MondeLe quotidien français a d’ailleurs lui-même été dans le viseur du journaliste qui a publié le mythique « La face cachée du Monde » (2003 avec Philippe Cohen). C’est d’ailleurs ce livre qui révélait les coulisses du quotidien français qui a consacré l’inimitié tenace qui séparait Péan et Plenel.

Dès la fin des années 1970 il avait déjà publié des informations retentissantes. « En 1979, ce fils d’un coiffeur de l’ouest de la France, qui avait débuté dans des cabinets ministériels au Gabon avant de se lancer dans le journalisme, passant par l’Agence France-Presse puis l’hebdomadaire L’express, sort dans Le Canard enchaîné sa première grande affaire. Il s’agit de diamants que l’empereur Bokassa de Centrafrique aurait offerts au président français Valéry Giscard d’Estaing. Le scandale aura un grand retentissement à deux ans de l’élection présidentielle que le chef de l’Etat sortant perdra » se remémore Le Monde. 




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