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Vite dit!

Schiappa et la société « malade de sexisme »


Clarisse Rosius
Mardi 27 Novembre 2018




La Secrétaire d’Etat vient d’estimer que la France était « malade de sexisme » et qu’il fallait revoir « toute l’organisation de la société » était à revoir dans le domaine. Des déclarations qui participent à politiser un sujet qui devrait plutôt s’articuler en défense de l’intérêt général.


Creative Commons - Pixabay
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Les sorties les plus musclées accouchent de mesures inefficaces. Comme s’il fallait cacher la réalité. Après des textes législatifs qui ont débouché sur des amendes inapplicables pour lutter contre le harcèlement de rue, la Secrétaire d’Etat en chargé de l’égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, donne régulièrement des interviews qui ressemblent à des états des lieux plus catastrophiques les uns que les autres. Si ses positions sont saluées par des féministes qui y voient une occupation du terrain médiatique, d’un point de vue stratégique ses positions sont très largement discutables.

A politiser en permanence le sujet plutôt que de faire un travail de gouvernement, la ministre ne démontre pas son efficacité. A l’occasion de la dernière interview donnée à FranceInfo elle a argumenté en mêlant formules chocs et annonce d’énièmes campagnes de sensibilisation. « Nous avons fait énormément en dix-huit mois, l’égalité femmes-hommes est la grande cause du quinquennat mais nous devons encore agir, nous n’avons pas encore éradiqué les violences sexistes et sexuelles, donc il faut aller plus vite et plus loin encore », a-t-elle déclaré.

Mais si les violences faites aux femmes ont évidemment des problématiques particulières, on s’interroge sur cette formule. Est-ce qu’il viendrait à l’idée de demander au ministre de l’Intérieur, ou à celui de la justice de trouver des moyens pour éradiquer la délinquance. A parler d’un société française « malade de sexisme » et d’un appel à changer « toute l’organisation de la société », la Secrétaire d’Etat se mue en militante ou en sociologue. A son poste on attendait plutôt des mesures de protection des femmes et dans l’intérêt de toute la société. A ce titre, sans hystérie, l’allongement des délais de prescriptions pour les viols sur mineurs est à mettre à son crédit et mérite d’être rappelé.