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« Un Marin chilien », l'Islande furibarde


Vendredi 22 Janvier 2016





Avec son premier roman, « Un Marin chilien », Agnès Mathieu-Daudé entraîne le lecteur dans une épopée islandaise picaresque.


« Un Marin chilien », l'Islande furibarde
La mode est-elle aux marins ? En littérature, on pourrait presque le croire. À moins que ce ne soit pur hasard. Alors que sort le mois prochain, l’excellent Le Grand marin de Catherine Poulain (L'Olivier), le mois de janvier voit la parution d’Un Marin chilien, premier roman picaresque d’Agnès Mathieu-Daudé. Les deux, dans tous les cas, emmènent le lecteur dans des mers et des terres plutôt hostiles. L’Alaska pour le premier, l’Islande pour le second.
 
Un Marin chilien est un « trépidant roman d'aventures », peut-on lire dans Le Figaro. Et on le pense aussi. C’est incontestablement un roman dépaysant. Il met en scène Alberto, un Chilien certes, mais en rien un marin. Alberto est un géologue chargé de faire des relevés sur cette terre d’Islande où les volcans se réveillent régulièrement. Mais de confusions en confusions, une fois posé les pieds sur l'île, rien ne se passera comme prévu.

D’abord, Alberto n’avait pas imaginé qu’il serait à ce point troublé par les femmes islandaises. Et c’est le début des ennuis. Quand Thorunn, aussi belle que mélancolique, l’invite à boire un café chez elle, il ne se doute pas que sa vie entière va être bouleversée. Si Thorunn a divorcé il y a cinq ans, son mari est extrêmement jaloux. Voilà Alberto éloigné de son but, étudier une improbable éruption volcanique. En revanche, il est pris dans une spirale impossible à freiner.
 
À la fin d’une nuit bien arrosée, il se retrouve ainsi, propriétaire d’une usine de salage désaffectée gérée par un nain, menacé de mort, confronté aux éléments déchaînés, pour finir par traverser le pays avec une jeune fugueuse. Dans des paysages volcaniques d’apocalypse, on croise des mules mapuches, une licorne devenue narval et des moutons, Kusturica n’est pas loin.

Entre Le Grand marin de Catherine Poulain, mais l’humour caustique en plus, Une nuit à Reykjavik de Brina Svit, ou le déjanté Gouverneur d’Antipodia de Jean-Luc Coatalem, on prend le tout, on mélange et on obtient cette espèce d’OVNI. Surtout, on salue une nouvelle voix dans le paysage littéraire français.

Un Marin chilien, Agnès Mathieu-Daudé, (Gallimard).




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