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Exil et opprobre public pour l’ancien roi Juan Carlos


Clarisse Rosius
Mardi 4 Août 2020





Alors que l’enquête pour corruption n’a pas encore débouché, l’ancien roi d’Espagne Juan Carlos annonce qu’il va quitter le pays. Qualifiant lui-même la démarche d’exil dans une lettre adressée à son fils, Felipe VI.


Creative Commons - Pixabay
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Le feuilleton judiciaire et royal prend un nouveau tournant en Espagne. L’ancien roi Juan Carlos a annoncé dans une lettre à son fils rendue publique qu’il prenait le chemin de l’exil. « Guidé à présent par la conviction de rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions, et à toi en tant que roi, je t’informe de ma décision réfléchie de m’exiler, en cette période, en dehors de l’Espagne », a écrit le roi déchu à son fils Felipe VI. 

Certainement anachronique, cette décision aurait de quoi faire réagir si Juan Carlos, sous la coupe d’une enquête judiciaire pour des faits de corruption, n’avait pas précisé qu’il restait disponible pour les besoins de l’enquête dont il fait les frais. « Début juin, la Cour suprême espagnole avait annoncé l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur une possible commission versée à Juan Carlos à l’occasion du contrat de construction d’un « train du désert » entre Médine et La Mecque. Un marché attribué par l’Arabie saoudite à un consortium espagnol pour 7 milliards d’euros, en 2011. Le dossier avait été ouvert en septembre 2018 à la suite de la publication dans la presse d’enregistrements où l’ancienne maîtresse de Juan Carlos, Corinna zu Sayn-Wittgenstein, parlait de cette commission. Par ailleurs, début mars, le quotidien suisse La Tribune de Genève  a affirmé que Juan Carlos avait reçu, en 2008, 100 millions de dollars du roi saoudien Abdallah (2005-2015), sur un compte en Suisse d’une fondation panaméenne », rappelle Le Monde.

L’affaire est complexe, d’autant que les frasques financières avec des montants très importants interrogent sur la légitimité de l’immunité dont les rois bénéficient. Car Juan Carlos en bénéficie et n’est poursuivi que pour des faits qui datent d’après 2014 et son abdication, déjà sur fond de scandales. L’affaire est en tout cas un pied de nez aux derniers royalistes qui assurent qu’avec la fonction de monarque, vient la vertu. 




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